Sénégal – Culture : le Samba Diabaré Samb s’en est allé.

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Baptisé de son vivant « trésor humain » par l’Unesco, le maître du xalam, cet instrument à cinq cordes issu de la tradition des griots, est décédé à Dakar à l’âge de 95 ans.

« Le Sénégal vient de perdre un de ses illustres fils, El Hadji Samba Diabaré Samb. Élevé à la dignité de Trésor humain vivant par l’Unesco, virtuose inimitable du xalam, il était le symbole de la dignité et du lien social. Mes condoléances émues à sa famille et à la nation », a déclaré le président Macky Sall, à l’annonce de la mort de Samba Diabaré Samb à l’âge de 95 ans. « Quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », avait dit, en substance, Amadou Hampâté Ba. C’est tout le Sénégal, l’Afrique et l’humanité qui pleure le décès de El Hadj Samba Diabaré Samb, lui qui avait, toute sa vie durant, contribué à la défense des valeurs traditionnelles sénégalaises et africaines. Classé « trésor humain vivant » par l’Unesco en 2006, il s’était fait connaître du grand public, à la veille de l’indépendance de 1960, grâce à l’émission Sénégal Demb sur l’histoire et le patrimoine culturel du Sénégal.

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Un virtuose des musiques traditionnelles

Né en 1924 dans une famille de griots de la confrérie des Tidjane, Samba Diabaré Samb a cofondé avec son complice Amadou Ndiaye Sam, l’Ensemble lyrique traditionnel du Théâtre national Daniel Sorano de Dakar. Avec cette troupe, il joua, en 1969, le titre « Saaraba », qui est une ballade évoquant le paradis perdu et entré depuis dans l’imaginaire populaire sénégalais. Ce passeur de savoir, historien et dépositaire de la tradition musicale sénégalaise disait alors de son instrument favori, le xalam, qu’« il a le pouvoir de galvaniser les contemporains en faisant revivre les beautés de notre continent. Il faut le talent, mais aussi être possesseur d’un don pour maîtriser le xalam. C’est un instrument d’une complexité déroutante. D’ailleurs, si les Européens qui ont réussi à jouer de la kora et du balafon butent sur le xalam, c’est parce qu’une part de notre histoire s’y trouve. D’où toute l’attention que nous devons porter à cet instrument pour le préserver, tout en essayant de le vulgariser en communiquant aux jeunes générations la beauté de cet instrument. »

… reconnu par l’Unesco

Surnommé « baayu ndaanaan yi » (« le père des artistes », en langue wolof), il avait été classé « trésor humain vivant » par l’Unesco en 2006, en même temps que des compatriotes, dont Joseph Ndiaye (1922-2009), conservateur de la Maison des esclaves de l’île de Gorée (près de Dakar), et le maître tambour Doudou Ndiaye Rose, décédé en 2015. Samba Diabaré Samb est également l’un des membres fondateurs de l’Association culturelle et artistique du Sénégal (Acas), communément appelée la Case. Une association lancée avec ses amis comme Amadou Ndiaye Samb. Ce monument de la musique sénégalaise, qui a sillonné le monde avec l’ensemble lyrique traditionnel, a vu son travail être couronné à plusieurs reprises. Chevalier de l’ordre des Palmes académiques (1983), officier de l’ordre du Mérite (1984), commandeur de l’ordre du Mérite (1990) et officier de l’ordre des Arts et des Lettres (2002). L’ancien président du Sénégal le surnommait « le chanteur à la voix d’or ». C’était aussi un « griot laudateur, un généalogiste, un chroniqueur social, un historien et un poète. Un homme qui a beaucoup contribué à la valorisation et à la popularisation des musiques lyrique et classique sénégalaises », raconte SenePlus. El Hadji Samba Diabaré Samb repose désormais en paix à Tivaouane.

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